VISA 30 dénonce un procès-bâillon et soutient la liberté de la presse
Ce mercredi 21 janvier 2026, les médias en ligne L’Arlésienne et Streetpress se retrouveront sur le banc des accusés, assignés à comparaître lors d’un procès qui se tiendra au tribunal d’instance de Nîmes. Ce procès leur est intenté par la mairie de Beaucaire, son maire Nelson Chaudon, ainsi que son prédécesseur Julien Sanchez, député européen et vice-président du Rassemblement National, qui ont porté plainte contre les deux journaux pour diffamation. La mairie et les deux édiles demandent le retrait de l’article et des dommages et intérêts de 10 500 euros au titre du préjudice présumé.
Cette plainte des deux élus du Rassemblement National fait suite à un article rédigé après une enquête conjointe des deux médias intitulé “À Beaucaire, le RN sélectionne les commerces à son goût” (L’Arlésienne) et “Sélection des commerces à Beaucaire, vitrine de la politique raciste du Rassemblement National” (Streetpress”) et publié à l’automne 2025. S’appuyant sur plusieurs témoignages d’entrepreneurs locaux d’origine maghrébine ou latino-américaine, les journalistes y révèlent une politique de sélection discriminatoire dans l’attribution des locaux commerciaux dans la ville de Beaucaire. Au moment de la rédaction de cet article, ni le maire actuel ni l’ancien maire de Beaucaire n’ont répondu aux sollicitations des journalistes et, après leur publication, ils n’ont pas demandé de droit de réponse à ces médias.
Le comité VISA 30 rappelle que la majorité des médias privés français sont détenus par des milliardaires, que certains, proches de l’extrême droite, les utilisent pour servir leur agenda réactionnaire et qu’il est donc vital que la presse indépendante puisse continuer à travailler afin de demeurer un contre-pouvoir. VISA 30 dénonce les méthodes de la mairie de Beaucaire, de son maire et de son ancien maire pour tenter de museler la presse indépendante et de la fragiliser économiquement par ce procès-bâillon. Face à ces manœuvres, VISA 30 exprime son soutien aux médias L’Arlésienne et Streetpress et redit son attachement profond à la liberté de la presse et à la liberté d’expression.
