Ciao, Abde !
Nous avons appris avec une immense tristesse le décès d’Abderrahmane Abdellaoui à Nîmes, ce 30 mars.
En région parisienne où il a commencé sa carrière, Abde fut un militant de la première heure au sein de la coordination des maîtres auxiliaires : il a mené avec eux une grève de la faim à la fin des années 90, sur le mot d’ordre de la titularisation sans condition de nationalité ni de concours. C’est à cette occasion qu’il a rejoint SUD éducation et mené sans relâche la lutte contre la précarité des personnels, en s’investissant particulièrement auprès des personnels techniques et auprès des AVS (devenues AESH).
Ses nominations dans le Gard, à Tahiti ou à Mayotte lui ont permis de créer ou de développer les syndicats SUD éducation ainsi que notre union syndicale. Arrivé dans le Gard en septembre 2002 avec sa famille, il est rapidement devenu une figure de la lutte contre la réforme des retraites en 2003. Dans les salles des prof·fes comme dans les AG, quand Abde prenait la parole, avec son calme, sa détermination et la rigueur de son discours, l’énergie nous revenait.
Son militantisme, il le vivait dans tous les instants, sans compter ses heures, notamment pour aider les enfants sans papiers qui venaient travailler sur leur terrasse, le soir, lorsque son épouse et lui étaient en poste à Mayotte. A aucun moment, il n’a renoncé à se battre pour que tou·tes les élèves puissent avoir des chances de réussite, au lycée professionnel d’abord puis dans les zones d’enseignement prioritaire. Avec lui, l’école retrouvait son honneur, au service de l’intelligence et de la réussite, au service de la justice sociale.
De nombreux·ses camarades garderont le souvenir d’un militant chaleureux, intègre, déterminé et mobilisateur dans toutes les luttes contre l’autoritarisme, pour l’égalité des droits et l’émancipation.